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Maison de l’Amérique latine
217 Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris Tél. +33 (0)1 49 54 75 00

du lundi au vendredi de 10 à 20h, samedi de 14h à 18h. Fermé les dimanches et jours fériés.
Entrée libre.

Faces cachées photographie chilienne 1980-2015

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Commissaire : Patrice Loudon   12 février – 30 avril 2016

Vernissage jeudi 11 février 2016

L’exposition

« la marge, c’est ce qui tient la page »

Jean-Luc Godard

Vous pouvez voir quelques photos de l’exposition ici

L’exposition Faces cachées, réunit trois générations de photographes chiliens, représentés par Zaïda González, Alejandro Hoppe, Alvaro Hoppe, Luis Navarro, Claudio Pérez et Leonora Vicuña.

Ancrés dans une terre à la géographie tourmentée, et où le trauma de l’histoire récente reste palpable, les travaux de ces photographes possèdent une valeur artistique expressive et originale. Si l’oeil de certains s’est forgé sous la dictature, dans la rue, au cœur de combats qui s’y sont déroulés, le regard des autres reflète un intérêt marqué pour les franges marginales de la société chilienne. Il se dégage de l’ensemble une vision poétique particulière, parfois insolite, née dans la transition d’un siècle à l’autre, du XXème au XXIème.

Chacun de ces photographes, puisant dans l’expérience intime de sa relation au pays, avec ses territoires humains, ses contrastes, son histoire, est allé à la recherche de ce que l’on ne veut pas voir, qui n’est plus ou a disparu. Comme si capter l’interdit, le lointain, l‘insaisissable demeurait toujours une quête. Tous incarnent non seulement la résistance à l’ordre établi mais aussi un attachement profond à ces communautés « invisibles » qui peuplent leur pays. C’est dans cette recherche d’un « autre » Chili que se place l’exposition Faces cachées, et dans une tentative de lever le voile sur les coins d’ombres d’un Chili oublié, mais bien vivant.

Vous pouvez voir quelques photos de l’exposition ici

Ainsi, Zaïda González (1977), seule représentante de sa génération, met en lumière les images d’un Chili underground et transgressif. Elle intervient avec des encres aquarelles sur ses photographies noir et blanc, afin de leur donner une toute autre dimension temporelle et d’atténuer la portée de la charge critique qu’elles véhiculent.

Claudio Pérez (1957) revisite les mythes et rituels du Chili. Entre ethnologie et archéologie contemporaine, son regard scrute le réel et ses photographies telles des pièces à conviction, parfois énigmatiques, transcendent la surface des choses pour en délivrer une vision complexe et inspirée.

Luis Navarro (1938) partage la vie des gitans chiliens depuis des décennies. Se focalisant particulièrement sur les femmes, il dresse le portrait d’un groupe humain minoritaire vivant à des milliers de kilomètres des terres qui l’ont vu naître et qui parvient, malgré tout, à maintenir ses coutumes et sa culture.

Les frères Alvaro Hoppe (1956) et Alejandro Hoppe (1961), deux parmi les plus emblématiques photographes du livre et du projet «Chile desde adentro», dans la pure tradition du photoreportage militant, extraient de façon criante tout ce qui peut faire sens dans la rue, traduction visuelle de la période tendue et tragique des années 1980.

Enfin, Leonora Vicuña (1952) convoque à travers des supports complémentaires à la photographie, par la vidéo et l’intervention plastique, les mondes souterrains et ancestraux du Chili. Entre revendication et lutte pour la préservation de la mémoire et de l’identité du peuple Mapuche, construit à la façon d’une trouble affaire policière, dont le point de départ est une photographie où quelqu’un a volontairement effacé le visage de l’un des protagonistes, son travail oscille entre document et fantasmagorie chamanique.

Vous pouvez voir quelques photos de l’exposition ici

Parabole d’un temps qui, s’il paraît avancer, renvoie dos à dos les époques, Faces cachées invite le visiteur à regarder la société chilienne en coin, par le biais de ses marges. La mémoire est-elle une source pour l’avenir? La marge tient-elle la page ? Une chose est sûre: comme dans toute œuvre d’art, l’implication et la recherche constituent un vecteur dynamique. L’engagement des photographes dans cette quête, qui a parfois failli leur coûter la vie, est leur premier moteur.

Chacun d’entre eux s’approprie des pans entiers de l’histoire contemporaine et passée, laissant percer les faisceaux d’une lumière rayonnante qui dévoile quelques-unes des Faces cachées de ce singulier et complexe pays du bout du monde.

Exposition organisée en partenariat avec la galerie NegPos, Nîmes avec le concours de l’ambassade du Chili en France et de la Direction des Affaires Culturelles du Chili (DIRAC)

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Zaïda GONZALEZ, 1977, Santiago du Chili.

Elle étudie la photographie publicitaire à partir de 1997. Elle n’exerce pourtant à aucun moment cette profession dans laquelle elle ne se retrouve pas. Suite à cette désillusion, elle se décide à développer une œuvre personnelle.

Elle instaure une esthétique et un monde propre à elle-même, entremêlant scènes oniriques et esthétique populaire.
Elle aborde sans complexe, maniant avec habileté l’ironie et le sarcasme, et presque de façon militante, des thèmes sensibles de la société chilienne : l’avortement, la religion, les relations de couples standardisées par le mariage et leur machisme inhérent, l’homosexualité. Elle utilise la photographie en noir et blanc sur laquelle elle intervient a posteriori en coloriant ses images avec une encre aquarelle. Elle participe au collectif de photographes féminin Macrodosis. Elle a exposée dans plusieurs galeries de Santiago du Chili (Galerie AFA, Galerie ARCOS), dans de nombreux festivals et foires en Amérique Latine, en Europe et aux Etats-Unis. Elle a fait partie des nominés du prix de la jeune photographie en 2007 (Santiago du Chili). Elle obtient en 2013 le prix « Rodrigo Rojas de Negri » de la jeune photographie chilienne et est représentée en France par la Galerie NegPos (Nîmes).

Alejandro HOPPE, 1961, Santiago du Chili.

Sa carrière de photographe commence à 21 ans. Il se spécialise dans le photojournalisme. Son travail décrit la dure réalité du Chili pendant la dictature militaire.

Grâce à une sensibilité aigüe qui fait de lui un observateur attentif de la vie quotidienne, ses photographies se retrouvent dans les pages de grands médias. Il a participé à de nombreuses expositions collectives et individuelles, qui ont également fait partie de plusieurs publications, telles que “Por la Paz de Chile” de la Fondation Salvador Allende, “Gracias al Mundo”, de la la Commission des Droits de l’Homme; “Chile From Within”, édité par Susan Meiselas. Il participe à Vème Biennale photo de Vigo en 1992, Segovia (Espagne). Il participe à l’exposition collective “ La Memoria Oxidada ”, 1997 à Modena (Italie).

En tant que photographe du président Ricardo Lagos, qu’il accompagne durant tous ses voyages dans les années 1990, il parcourt le monde, croisant les continents, les pays, les gens et les situations.

Au cours de sa longue carrière de photographe, il a été honoré par des prix tels que la mention spéciale Photo Essay « Chile Hoy » Casa de las Americas, à Cuba; mention honorable catégorie documentaire  » Visión Fotográfica, 20 años de la Historia de Chile » de Masterclub; meilleur Photographe de presse de l’année (92), décerné par l’Union des Photographes et cameramen du Chili.

Alvaro HOPPE, 1956, Santiago du Chili, adepte du reportage il se concentre principalement sur le milieu urbain dans un registre de situations spontanées. Son appareil photographique a décrit les moments les plus durs du régime militaire. Il a aussi capturé des épisodes particuliers de la période intense de transition à la démocratie, racontant par ses photographies des événements et des émotions qui sous forme écrite auraient été censurées.

Il a montré ses travaux à de nombreuses occasions et dans différents pays : Chili, Espagne, Equateur, Etats-Unis, Argentine. Il a reçu le Prix Némesis (Université du Pacifique, 2002), le Prix Ansel Adams (Institut Chilien – Nord-Américain de Culture et Photo Ciné Club du Chili, 2003) le Prix Altazor (Art Visuel – Photographie, 2004), le Premier Prix de Photographie d’Humour (décerné par le magazine The Clinic, 2005), le Premier Prix du concours « Art et Ville » (mention Education, 2005).

Il a publié avec Gonzalo Leiva le livre Un Ojo en la historia, soutenu par le Fonds de Développement des Arts et la Culture, (Fondart, 2003).

Luis NAVARRO, 1938, Antofagasta.

Il a suivi des études supérieures dans les beaux-arts à l ́Universidad del Norte, et a pris des cours de spécialisation de photographie professionnelle, photo couleur et diapositive (Kodak).

Il a travaillé comme photographe pour l ́Archevêché de Santiago (1976-1981), correspondant pour In These Times de Chicago, agence K.N.A de Francfort (1978-1981), photographe du journal chilien La Época (1986-1988), éditeur photographique du journal Fortín Mapocho (1991-1993), photographe du festival mondial de théâtre (1993), photographe du concours d ́art dramatique national (1995-2003).

Il a également publié une série de livres, parmi lesquels les plus importants sont : Lonquén, Aventuras de una fe, Presencia de un niño en América, El Papa Juan Pablo II, Primer y Segundo Anuarios de la Fotografía Chilena, Síntesis del Informe Rettig, Fotógrafos latinoamericanos en la Universidad de Rábida, 50ème Anniversaire de la Déclaration des Droits de l ́Homme et Geografía poética de Chile.

Ses expositions ont été présentées en France, en Équateur, en Argentine et au Chili.
En 2011, il obtient le prix Altazor.

Claudio PEREZ, 1954, Santiago du Chili.

Photographe, graphiste, éditeur, commissaire d’exposition, co-fondateur d’agences de presse, enseignant, défenseur des droits de l’Homme et de la mémoire vivante, Claudio Pérez est l’auteur de certaines des images les plus emblématiques de la lutte contre la dictature dans les années 1980. Il travaille sur l’histoire et l’identité du peuple chilien. Il a reçu de nombreux prix et bourses, dont le 1er prix de photographie de journalisme Mastercard (1987), la bourse Hasselblad de Suède (1996) qui lui permet de publier Andacollo: Rito pagano después de la siesta; et deux bourses Fondart (bourse de l’état chilien) pour le projet Muro de la Memoria (Santiago du Chili, 2002). Il expose fréquemment au Chili, aux Etats- Unis et en Europe. En 2003, Il est commissaire d’exposition de l’exposition Chili 30 años, 1973-2003 qui a ouvert le festival international de photographie de Rome et a terminé son périple au Musée d’Art Contemporain de Santiago du Chili (MAC) en 2003. Il publie dans les revues Gatopardo (Colombia), WOW Internacional et Letras Libres (Mexique), Newsweek (USA) et L’Express (France).

Leonora VICUÑA, 1952, Santiago du Chili.

Elle réside à Paris entre 1973 et 1978 où elle étudie les sciences sociales. À son retour au Chili, elle réalise des études de photographie professionnelle à l ́Ecole Foto Arte de Santiago où elle obtient son diplôme en 1979. Plus tard, en l ́an 2000, elle obtiendra son diplôme de réalisatrice multimédia à l ́École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle de París (ESRA).

Promotrice culturelle, elle a participé à la création et réalisation des Rencontres d ́Art Jeune (1979-1981) à l ́Institut Culturel de Las Condes, Chili. Elle a été co-directrice de la revue de poésie La Gota Pura avec Ramon Diaz Eterovic et en 1981, elle a participé à la fondation de l ́Asociación de Fotógrafos Independientes.

Elle revient ensuite en France en 1983 où elle participe à plusieurs projets d ́animation et montage de cinéma, comme le long-métrage The Rainbow Thief d ́Alejandro Jodorowsky. Puis, rentrée au Chili en 2001, elle s ́installe à Carahue, dans le sud du pays, où elle travaille comme professeur de photographie à l ́Universidad Mayor, Universidad Diego Portales et Universidad Autónoma de Temuco.

Elle a obtenu les bourses Amigos del Arte en 1981, Fondart national en 2001 et 2006, Fondation Andes, en 2002, et Fondart régional en 2006.

En 2010, elle remporte le Prix Altazor.
Ses photographies ont été publiées dans des livres, des revues, des cartes postales, programmes de télévision au Chili et à l ́étranger. Certaines de ses images font partie des collections publiques de musées tels que le Musée du Château d ́Eau, à Toulouse, le Cabinet des Estampes à Paris et le Musée des Amériques à Denver, Colorado, Etats- Unis.

Patrice LOUBON, (1965, Nîmes) est artiste, enseignant et commissaire d’expositions, fondateur de la galerie NEGPOS (Nîmes), structure créée en 2006 dont il coordonne les expositions et événements, à Nîmes et ailleurs. Il est directeur artistique de la Biennale Images et Patrimoine (BIP), Nîmes, 2011 à 2015, directeur de publication de la revue FOTOLOFT, photographie en Languedoc Roussillon. Il est spécialiste de la photographie latino-américaine, en particulier du Chili, du Mexique et de Cuba.

 

Crédits : © Zaida González - © Alvaro Hoppe - © Alejandro Hoppe - © Luis Navarro - © Claudio Pérez - © Leonora Vicuña
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